L’Amérique fête ce jeudi le 50e anniversaire de l’élection de JFK. Hasard du calendrier, c’est aussi la première fois depuis 1946 que le Congrès américain ne compte plus aucun Kennedy parmi ses membres. Mais pour les analystes, le clan a déjà trouvé la relève : Joe Kennedy…
A Boston. Il a la chevelure flamboyante et les tâches de rousseur qui ne laissent place à aucune hésitation : Joseph Patrick Kennedy, troisième du nom, a bien les racines irlandaises de sa famille. Le costume de designer est impeccable, le sourire ne quitte pas son visage de poupon, la carrure sportive du Preppy BCBG Ralph Lauren du jeune étudiant fraichement sorti de l’Université…
Décidemment, Joe, comme on l’appelle chez lui à Boston, est bien le digne petit-neveu de l’ex-président JFK, pression comprise.
C’est que depuis 15 jours, l’Amérique vit une période étrange : plus aucun membre du clan politique le plus médiatique du siècle passé ne siège au Congrès. Une première fois depuis 1946. Patrick J. Kennedy, fils de l’ex sénateur Ted Kennedy, a en effet décidé de rendre son tablier de député du Rhode-Island le 3 janvier dernier.
De l’avis de tous les analystes politiques, la famille ne devrait pas rester longtemps les bras croisés. La politique, même si cela finit souvent pour eux dans un bain de sang, coule dans le leur. Et les Américains ne sont pas prêts à voir la tradition s’arrêter en si bon chemin.
Carrière toute tracée
Les vrais espoirs du clan reposent donc sur les épaules du petit « Joe ». A 29 ans, il est le fils du député Joseph Kennedy II, et surtout le petit-fils de Bobby Kennedy, candidat démocrate à la Présidence assassiné en 1968 et grand espoir de la gauche antimilitariste en plein Viet Nam.
Joe III vient de terminer l’école de droit d’Harvard l’an dernier, comme l’a fait avant lui un certain… Barack Obama. Si l’école fabrique les avocats les plus renommés du pays, elle est également connue pour favoriser les vocations politiques. Il n’en fallait pas plus à la presse américaine pour annoncer Joe comme candidat pour 2010.
Le jeune homme, lui, vient de passer sa première année professionnelle comme assistant du procureur de Cape Cod, où se trouve la résidence secondaire de la famille Kennedy. Il a fait savoir au journal Boston Globe qu’il n’avait aucune intention de se présenter… du moins pour l’instant.
« Ma famille a des liens étroits avec les fonctions électives et le service public et c’est quelque chose qui m’attire bien évidemment. Mais pour le moment, j’ai un travail. Chaque chose en son temps », explique le jeune rouquin.
Mais les Américains aiment les Kennedy, et il leur en faudra plus pour oublier la famille la plus médiatique des cinquante dernières années. « Le président assassiné représente à lui tout seul une époque bénie, prospère, les droits des noirs, la conquête spatiale… Personne n’a eu le temps d’être déçu », explique Thomas Putman, directeur du musée JFK à Boston.
Preuve de sa popularité à l’heure actuelle : la récente polémique autour du clip de la chanteuse Erykah Badu. La chanteuse y apparaissait complètement nue, sur la Dealey Plaza de Dallas, l’endroit même où fut assassiné le président préféré des Américains. A peine mis sur internet, le clip a provoqué un véritable tollé, certains y voyant là une véritable profanation d’un des sanctuaires les plus sacrés de l’Amérique. Qu’on le veuille ou non, les Kennedy continuent de fasciner.
Pour Annita, 28 ans, jeune New Yorkaise d’origine irlandaise venue à Boston visiter le musée en cette période anniversaire, « si les Kennedy sont indissociables du monde politique américain, c’est surtout pour le côté glamour et paillettes qu’ils apportent à la politique. »
« Regardez Jackie Kennedy, lance-t-elle avec fierté. La veuve du président était le véritable symbole du bon goût et de l’élégance, la première des Premières Dames. Michelle Obama lui doit tout… » Annita, elle, promet que si Joe se présente, elle votera pour lui : « JFK était le premier président américain catholique, Obama le premier président noir, et je voterai sans hésiter pour le premier président à ressembler à Matt Damon », lâche-t-elle dans un grand sourire.

